Courage fuyons !

une pomme

Médicament

une pomme

Les lamentations
du crocodile

une pomme

Coeurs miteux

La mort licenciée

une pomme

Tu peux pas
sortir tout nu

une pomme

Amours Sorciers

une pomme

Gens de la Lune


courage fuyons

Refrain:
Tu te dis amoureux quand tu veux dire adieu
Tu ne joues pas franc-jeu et je trouve ça odieux
De masquer ses sentiments, on est adultes voyons
Tu me dis « aie confiance »
Tu penses « courage fuyons ! »
Quand tu dis

On aura beau dire, beau murmurer que mon amour n’est qu’une passade
Les sourires que je te fais, ne sont pas des sourires de façade
On pourra médire, me critiquer, me juger en place publique
Mon amour est un amour vrai, c’est le bon dieu qui me le dicte

(Refrain)

L’amour fait souvent infiniment plus de mal quand on s’attache
Crois moi les liens sont d’autant moins douloureux quand ils sont lâches
Je t’aime autant quand je suis loin de toi, il faut que tu sois patiente
Surtout ne me retiens pas ! Notre amour vaut bien cette attente

Quand certains me disent que ta devise c’est loin des yeux loin du cœur
Je suis alors indécise, me dis ce sont eux les menteurs
Quand je ne sais pas où va ton cœur je pense à toi et je songe
Qu’on n’est pas un bon menteur, si l’on ne croit pas ses mensonges

Mais tu te dis amoureux, quand tu veux dire adieu
Tu ne joues pas franc-jeu et je trouve ça odieux
De masquer ses sentiments, on est adultes voyons
Tu me dis « aie confiance »
Tu penses « courage fuyons ! »

feuillage

médicament

Je connais un médicament qui pourrait guérir tout les gens
Une panacée ce cataplasme universel un pléonasme
S’il était à tous distribué il guérirait le monde entier
Il pourrait soulager le mal et la sécurité sociale

Cet antidote de la tristesse est préventif à la détresse
C’est une cure pour rajeunir que chacun de nous peut produire
Une énergie renouvelable une valeur sûre au cours stable
Réconciliant l’écologique et les contraintes économiques

- Est c’que c’est une drogue ?
- Oh non on non
- Est c’que c’est l’argent
- Oh non on non
- Est c’que c’est la politique
- Oh non on non

- C’est l’Amour… une douceur qu’on n’peut pas toucher
Une beauté qu’on ne peut pas contempler
Une musique si douce à l’oreille ces mots dans leur simple appareil
Aime, Aimes, Aimons, Aimez, il n’y a rien à ajouter

C’est sûr qu’une guerre ça coûte cher mais enfin on n’peut pas savoir
Ce que font tout ces gens sur terre, ce qui peut s’cacher dans le noir
A ceux qui croient qu’il est urgent d’avoir une arme et de l’argent
J’oppose savoir, éducation et je propose une solution

C’est l’Amour

Mais bon, ce n’est qu’une suggestion...

feuillage

les lamentations du crocodile

Seul dans mon marais, au fond de l'eau je repose
Et je fait le guet, figé, aux aguets, je pose
Jamais ne m’ennuie même quand vient la nuit sereine
Et que sans un bruit lentement les heures s'égrènent.
Et quand vient le jour mes yeux comme des globules
Figés à fleur d'eau se confondent avec les bulles
Si je trouve une proie parmi les roseaux
J'y plante les dents
Poisson ou crapaud, rongeur ou oiseau
Ou bien chasseur imprudent.

Seul dans mon marais, au fond de l'eau je repose
Et au fond je n’veux pas de ce qu’on me propose
Quelqu'un veut ma peau, pour s'y tailler des chaussures
Mais manque de pot il n'aura que des morsures
Car je suis pudique, émotif et de surcroît
C’est épidermique j’ai une peur panique du froid
C’est votre intérêt car j’ai la peau rêche
Qui tire et s’écaille
Croyez cela et buvez de l’eau fraîche
Ou alors du lait de caille

Ah c'est pas fa fa c'est pas fa fa c'est pas facile
D'être un crococo un crococo un crocodile
Quand on est forcé d’sortir toujours
Avec sa tête des mauvais jours.

Seul dans mon marais, au fond de l'eau je repose
Je ne peux guère vivre avec ce dont je dispose
Même si je pouvais vendre ma peau de saurien
Je n’en donne pas cher, sur mon dos elle ne vaut rien
D’ailleurs depuis tout petit j’y suis attaché
Ce n’est pas du tout sensiblerie d’écorché
Je serai chagrin quand il me faudra
Clore cette idylle
L’eau qui coulera non, ne sera pas
une larme de crocodile

Ah c'est pas fa fa c'est pas fa fa c'est pas facile
D'être un crococo un crococo un crocodile
Quand c'qui vous arrive de plus humain
C'est de finir en sac à main.

Ha c'est pas fa fa c'est pas fa fa c'est pas facile
D'être un crococo un crococo un crocodile
Quand pour tout hommages aux disparus
L’épitaphe est : « n’en parlons plus »

feuillage

coeurs miteux

Nos petits cœurs miteux cachés sous nos vêtements
Rêvent de revêtir l’étoffe d’un amant
Ils se cachent et volettent dans les crinolines
S’étourdissent et s’entêtent de la naphtaline

Se voient parés de soie, de rubans, de galons
De confiance en soi, haut les cœurs et allons

Rangés dans une armoire, remisés au mitard
Glissés hors de mémoire ou remis à plus tard
Petits cœurs démodés accessoires bien modestes
Qui n’ont pu accéder aux talents des modistes

Pour se parer de soie, de rubans, de galons
De confiance en soi, haut les cœurs et allons

Nichés entre les draps près d’un brin de lavande
Ils n’espèrent même plus qu’un autre les attende
Croient qu’il vaut mieux rester là, dans les crinolines
S’enivrer des parfums doux de la naphtaline

Petits cœurs oubliés, espaces sans limites
Qui finiront troués, rongés par les mites
Et le temps en passant va les râper, dépecer
Si personne ne les prend pour les rapiécer

Pour les parer de soie, de rubans, de galons
De confiance en soi, haut les cœurs et allons

feuillage

la mort licenciée

La mort errait par les chemins
Traînant son suaire en parchemin
Depuis que les vivants sans rire
Au jour du jugement dernier
Un par un s’étaient réveillés
Puis avaient cessé de mourir

Tout s’était passé comme prévu
L’apocalypse était venue
Et Dieu alors sans remords
La voyant privée de mission
Ne donnant pas sa démission
Dieu avait remercié la mort

Mais la mort ne pouvait s’y faire
Pot de terre face au pot de fer
Et elle voyait d’un mauvais oeil
Ou plutôt d’une mauvaise orbite
Cette résolution subite
Se refusant à faire son deuil

Dieu dit donc à sa messagère
Il lui dit : « Mort, tu exagères !
Là-dessus je ne veux plus m’étendre »
Etant depuis longtemps prévenue
Quand l’Apocalypse est venue
Tu aurais bien du t’y attendre »

La mort se dit : « la belle affaire !
Je n’ai donc plus qu’à m’y faire !
Je vais vous dire ce que je pense…
On m’envoie paître sans remords
Et je vais m’ennuyer à mort
Mortels vous avez bien d’la chance

feuillage

tu peux pas sortir tout nu

Dis moi qu’est c’que tu fais dans ton simple appareil ?
Comment ça, comment ça ? Tu veux qu’je fasse pareil ?
Dehors il fait trop froid et d’abord t’as trop bu
Non vraiment reprends toi, tu peux pas sortir tout nu

Je sais bien qu’il fait chaud, qu’il faut que tu respires
Que tu es un poète que le grand air inspire
Que se prom’ner ainsi c’est en tout point grisant
Et qu’on se fout pas mal des regards méprisants
Qu’on se prend pour un dieu, pour le bon père Adam
Sortant tout poils dehors et le cœur en dedans.

Tout ça parcque d’la vigne t’as pas pris que les feuilles
Ivre de joie de vivre voilà que tu t’effeuilles
Tu voudrais t’en aller dans un bond de cabri
Et le ciel étoilé serait ton seul abri
Jetant tout aux orties avec tes vêtements
Hop ! Te voilà sorti t’ébattre librement

Ha ! Si c’était si simple… on pourrait s’expliquer
Mais une explication serait trop compliquée
Alors je garde mon pull, mon slip et mes chaussures
Oui je sais bien, c’est nul, mais ça, ça me rassure

C’est vrai la vie est dure je peux pas le nier
On voudrait tous rev’nir com’ quand on était né
C’était le bon vieux temps, on se passait d’tissu
Mais je t’assure mon vieux, tu peux pas sortir tout nu

feuillage

amours sorciers

Je m’adresse à toi
Qui viens de me quitter
Pour une espèce de fée
Avec de jolis doigts

SOIS MAUDIT

Intro thème (bruit de tonnerre)

Une pincée de cuisse de grenouille et une once de soufre
J’ajoute le bout d’une quenouille pour être sûr que tu souffres
Un brin de mandragore, trois cheveux d’un homme fou à lier
Chéri avec ce sort tu n’es pas près de m’oublier

Deux gouttes de vitriol, un’ chopin’ de sang de cochon
Le goût d’la godriole va vite te passer mon bichon
Deux cent gramms’ d’écailles de serpent l’ongle d’un estropié
Après tu r’viendras en rampant ça te fera les pieds

Tu disparais d’un coup d’baguette
Et serein tu pars en goguette
Mais à Malin, Malin et d’mi
Proverbe par l’enfer admis

(Interlude fantastique)

De jolies moisissures fleuries sur un’ vieille peau croûtée
Et pour faire bonne mesure une belle épine dorsale voûtée
Une poignée de dents cariées, le tesson d’une cruche
Du gras de boudin avarié voilà pour ta greluche

Un soupçon de liquide gastrique, un verre d’eau des égouts
Un flacon d’acide sulfurique, du sucre pour le goût
L’extrait d’un’ patinoire, les cendres d’un lacet défait
Les moustachs’ d’un chat noir afin que le sort soit parfait

Tu disparais etc,
(silence)

Abracadabra !
Chérie me revoilà
Mais dis moi chérie tu m’ as l’air
Quelque peu fâchée-colère

Je le suis oh ça oui !
C’est la dernière fois que tu t’enfuis

Oh, nul besoin de te mettre en émoi
Crois moi… crois moi
(silence sur temps fort)
Ton regard m’hypnotise
Diable ! j’allais faire une sottise

feuillage

gens de la lune

Face à la nuit…

L’esprit se met en orbite
Et prend la lune pour satellite
Et les étoiles en toile de fond
Contrepoint d’un vide profond
Sur lequel la nuit s’étale
Et ou chaque astre est un pétale
Qui tourne tourne au gré des vents solaires
Soufflant soufflant sans repos ni répit
D’un coup balayant nos dépits
En les glaçant d’un froid polaire

Les soucis s’évaporent dans le vide
Laissant lors notre esprit limpide
Débarrassé de ces scories
Dont notre corps est pétri
Incrusté jusqu’à la moelle
Comme le ciel l’est des étoiles
Nous sommes tous ainsi constellés de peine
De joie, de passion, d’amour et de haine
Tout ça incrusté dans nos os
Comme autant de petit joyaux

Des joyaux comme autant de feux
Qui s’élèvent vers les cieux
Qui consument notre cœur, notre âme
Qui brillent comme autant de flammes
Puis ne laissent plus que poussières
De nos corps dont nous étions fiers
Poussières d’un souffle emportées
Dispersées dans la voie lactée
Comme autant de brillants témoignages
De feux datant d’un autre âge

feuillage


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